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Morceaux Choisis

Frédérique Petit

Autodidacte, Frédérique Petit s’est d’abord inspirée des métiers à tisser primitifs pour développer une technique personnelle de tapisserie miniature. Quelques années plus tard, un séjour à Suzhou, haut lieu de la broderie en Chine, marque un tournant décisif. Elle y crée ses premières Ombres Chinoises, de grandes broderies de soie représentant des paysages linéaires. Aujourd’hui, ses fils noirs sur voile de coton blanc dessinent les horizons immuables du Perche, où arbres, clochers et oiseaux composent une poésie discrète. Un arbre brisé, au cœur de la ligne d’horizon, évoque le cycle de la vie et le renouveau.

Son travail évolue ensuite vers des œuvres en volume réalisées en fil de métal, puis vers des créations monumentales, dont plusieurs sont présentées dans le parc de La Cour.

Pour Rodolphe Tréhet, les broderies miniatures de Frédérique Petit révèlent, avec une extrême délicatesse, la fragilité et la résilience du monde vivant. Inspirée par les paysages d’hiver, l’artiste capte la structure des arbres et laisse le fil guider sa main « comme une promenade », invitant à une contemplation proche des voyages initiatiques de la littérature romantique allemande. L’infiniment petit de ses broderies ouvre ainsi sur l’infiniment grand de nos imaginaires et affirme la force du geste artisanal face à la place grandissante du numérique dans l’art contemporain.

Œuvres exposées (sélection)

Morceaux Choisis

Éric Mézan

Éric Mézan s’est d’abord formé aux techniques décoratives de la céramique en apprenant la faïence, avant de perfectionner son savoir-faire durant trois années à la Manufacture nationale de Sèvres. Il y explore les modes de cuisson et d’émaillage de la porcelaine, du grès et de la faïence, développant une pratique qui détourne ces matériaux vers la sculpture. Entre abstraction et figuration, il crée des assemblages inspirés d’éléments naturels, réalise des services d’art de la table avec Laurent Gourmarre et produit également des photographies sur céramique en collaboration avec d’autres artistes.

Pour le Parcours Art et Patrimoine en Perche 2026, il répond au thème Légendes avec la série REMIX. À partir de bibelots anciens en porcelaine, grès ou faïence, souvent brisés et délaissés, il compose de nouvelles sculptures en les associant à d’autres fragments. Oscillant entre kitsch assumé et élégance, ces assemblages réinventent avec humour le patrimoine décoratif populaire et brouillent les frontières entre objet de souvenir et œuvre contemporaine.

Cette démarche évoque certaines pratiques critiques de l’art contemporain, tout en s’en distinguant par une recherche constante de grâce et de poésie. Chez Éric Mézan, le détournement ne relève jamais de la provocation gratuite : il transforme les vestiges d’une culture domestique en œuvres sensibles qui interrogent notre rapport aux objets et à la mémoire. Présentés en dialogue avec les broderies de Frédérique Petit, ses REMIX mettent en lumière la richesse des savoir-faire traditionnels réinventés dans une écriture résolument contemporaine.

Œuvres exposées (sélection)

Premier Regard

Louis Niermans

Sculptures & Surfaces-Images

Installé dans le Perche, Louis Niermans puise désormais son inspiration dans la forêt omniprésente sur le territoire. Au cours de longues marches propices à la contemplation, il sélectionne des morceaux de bois qu’il polit avec soin avant de les utiliser comme supports d’impressions photographiques.

Sa démarche s’éloigne de la photographie de paysage. Par des prises de vue expérimentales réalisées notamment à la chambre 4x5, il cherche moins à représenter la forêt qu’à restituer les sensations qu’elle lui procure. Progressivement, l’image s’affranchit du motif pour tendre vers l’abstraction, l’appareil devenant le vecteur d’une réalité sensible. Les impressions en noir et blanc dialoguent avec les reliefs, les nervures et les formes du bois, brouillant les frontières entre photographie et sculpture.

Certaines pièces conservent leur aspect naturel, tandis que d’autres images prennent place sur toile ou sur papier, où elles se prolongent par le dessin. L’ensemble compose un langage plastique épuré, qui privilégie l’évocation d’un espace mental plutôt que la représentation du réel.

Cette recherche se prolonge dans la scénographie de ses expositions. Chaque œuvre est pensée dans sa relation aux autres, ménageant des espaces de respiration qui invitent le regard à circuler avec lenteur et délicatesse, dans une expérience profondément sensorielle.

Œuvres exposées (sélection)

Le Parc de Sculptures et le Kiosque

Anaïs Boudot, Marina Le Gall,
Frédérique Petit, Sylvain Wavrant

Le Parc de La cour a pris de l’ampleur. Les plantes s’épanouissent généreusement au soleil et dans la mi-ombre des grands feuillus et des ifs tandis que les sculptures se sont essaimées sur les pelouses.

Les grès Céram de Marina Le Gall nichent dans les plates-bandes tandis que les huttes et les nids de Frédérique Petit rythment les grandes pelouses.

Sous les arbres remarquables se cache le kiosque XIXe réhabilité grâce aux vitraux photographiques d’Anaïs Boudot et pour le visiteur curieux la grande sculpture androgyne de Sylvian Wavrant est érigée à l’intérieur de la rocaille.

Œuvres exposées (sélection)

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